En 2016, la 20th Century FOX a lancé X-Men: Apocalypse avec l’espoir de transformer la saga des mutants en un univers cinématographique aussi expansif que celui de Marvel. Le film, cependant, n’a pas répondu aux attentes du public et des critiques, et de nouvelles révélations sur les coulisses jettent une lumière sur les problèmes qui ont assailli la production.
Une Stratégie d’Expansion qui a Échoué
La Fox voulait que Apocalypse soit le point de départ d’une nouvelle ère pour les mutants, avec des spin-offs, des suites et des croisements qui rivaliseraient avec le MCU. Le budget élevé, la distribution stellaire et le choix de Bryan Singer comme réalisateur semblaient garantir le succès. Cependant, la combinaison de décisions créatives risquées et d’une gestion de production désorganisée a fini par compromettre le résultat final.
Les Coulisses Chaotiques de X-Men: Apocalypse
Communication et Flux de Travail
John Ottman – monteur et collaborateur de longue date de Singer – a révélé dans une interview au podcast Half the Picture que la dynamique de l’équipe dans Apocalypse était radicalement différente de celle de X-Men: Days of a Future Past. Alors que dans le film précédent, il pouvait analyser les scènes en temps réel et offrir un feedback immédiat au scénariste Simon Kinberg, dans Apocalypse, la communication s’est avérée fragmentée.
Ottman a décrit un scénario où:
- Les décisions de scénario étaient prises en dehors du plateau, sans la présence du réalisateur ou du monteur.
- Les modifications de dernière minute étaient communiquées de façon tardive, générant la nécessité de refilmer des scènes coûteuses.
- Le manque d’un « pipeline » de montage agile empêchait la visualisation précoce des effets visuels, essentielle pour un film de super-héros.
Problèmes Spécifiques Signalés par Ottman
Selon le monteur, les principaux obstacles incluaient:
- Direction Indécise: Singer aurait changé d’avis sur des scènes clés pendant les prises de vues, sans aligner l’équipe.
- Scénario en Constante Mutation: Kinberg recevait des versions différentes du script au fil des semaines, rendant difficile la continuité narrative.
- Pression des Délais: La Fox exigeait des livraisons rapides, forçant l’équipe à couper des étapes de révision.
- Conflits de Personnalité: Les frictions entre producteurs, réalisateur et équipe d’effets créaient un climat de tension.
Conséquences sur l’Écran
Ces défaillances internes se sont directement reflétées sur le produit final:
- Des séquences d’action qui semblent être des montages forcés.
- Des personnages qui reçoivent peu de profondeur en raison de coupes de scénario.
- Un rythme inégal, avec des moments de grande excitation suivis de passages traînants.
Le résultat a été une recette qui, bien qu’encore considérable, est restée en deçà des projections de la Fox, et des critiques qui ont pointé le manque de cohésion comme point faible.
Leçons Apprises et l’Avenir de la Franchise
Le témoignage d’Ottman met en évidence l’importance d’un flux de communication clair entre le réalisateur, le scénariste, les producteurs et l’équipe de post-production. Dans les projets de grande envergure, la capacité d’ajuster le scénario et les images en temps réel peut réduire les coûts et améliorer la qualité narrative.
Après Apocalypse, la Fox a tenté de corriger le cap avec X-Men: Dark Phoenix, mais les problèmes structurels sont restés, aboutissant à la vente de la franchise à Disney en 2019.
https://www.youtube.com/watch?v=trailer_apocalypse
Avec Disney détenteur des droits, l’espoir est que les prochains films des mutants apprennent des erreurs de 2016, en adoptant des processus de production plus intégrés et moins sujets à des « surprises de dernière minute ».


