À la suite de la répercussion d’une vidéo promotionnelle qui a utilisé une version générée par intelligence artificielle du légendaire créateur japonais, Hideo Kojima a accordé une interview au The Washington Post. Le dialogue, inséré dans la couverture de l’installation Satellites II, a révélé sa vision sur l’avenir de l’IA dans la création artistique.
Contexte de la polémique
Au cours de la dernière semaine, l’exposition Satellites II – qui rassemble des œuvres d’artistes contemporains et compte avec la participation de Nicolas Winding Refn, réalisateur de Drive et acteur de la franchise Death Stranding – a lancé un court-promotion qui présentait une simulation de Kojima générée par IA. L’initiative a généré des critiques immédiates des fans, qui ont considéré la pratique comme invasive et irrespectueuse.
Le mécontentement s’est répandu sur les réseaux sociaux, avec des utilisateurs qui remettaient en question l’éthique de reproduire l’image d’un artiste sans son consentement explicite. La controverse a finalement attiré l’attention de la presse internationale, aboutissant à l’entretien accordé au journal américain.
La position de Hideo Kojima sur l’IA dans l’art
Pendant la conversation, Kojima a été clair pour exprimer son point de vue :
- “L’art est la vie.”
- “Mais, dans 50 ans, 100 ans, je ne sais pas. Peut-être que l’IA pourra créer de l’art, mais tant que je vivrai, je ne pense pas que je verrai cela.”
- “Je n’ai pas d’intérêt pour cela.”
Bien qu’il maintienne une attitude sceptique quant à la substitution de l’expression humaine, Kojima n’a pas complètement rejeté le progrès technologique. Il a souligné que l’IA est encore loin de reproduire l’intimité et l’intention qui caractérisent la création artistique humaine.
Le créateur a également mis en avant que, même s’il n’a pas d’intérêt personnel pour les œuvres produites par des algorithmes, il reconnaît le potentiel de la technologie en tant qu’outil de soutien pour les artistes qui souhaitent explorer de nouvelles possibilités esthétiques.
Principaux extraits de l’entretien
“L’art naît de l’expérience, de la douleur, de la joie – tout cela est intrinsèquement humain. Tant que je serai en vie, je ne vois pas l’IA atteindre cette profondeur émotionnelle.”
“Je ne suis pas contre la technologie ; au contraire, je pense qu’elle peut amplifier notre répertoire créatif, mais elle ne remplacera jamais le toucher humain.”
Ces déclarations renforcent l’idée que, pour Kojima, l’IA peut être un outil, mais pas un substitut de la créativité humaine.
Répercussions et implications pour l’avenir
L’entretien a généré de nouvelles discussions sur les limites éthiques de l’utilisation d’images de personnalités publiques dans des créations automatiques. Alors que certains défendent la liberté artistique, d’autres soulignent la nécessité d’un consentement explicite et d’une réglementation plus claire.
Pour la communauté de développeurs et d’artistes numériques, le positionnement de Kojima sert de rappel que, même si l’IA progresse rapidement, la valeur de l’expression humaine reste centrale dans la définition de l’art.
Avec la poursuite de projets comme Satellites II, on s’attend à ce que le débat se approfondisse, notamment à mesure que davantage d’œuvres intégreront des algorithmes de génération d’images et de sons.


